Quand le moteur de recherche Yandex hérisse Google

Il est des pays où Google n’est pas le premier moteur de recherche utilisé par les internautes, et de loin. Étonnant mais vrai.

Prenons la Russie par exemple.

Le géant du pays des corn flakes (mille excuses pour la médiocrité de l’expression – je voulais trouver un mot qui rime et on fait ce qu’on peut un vendredi soir) y est battu à plate couture par Yandex.

L’interface du moteur russe, adossée à un portail, ressemble cependant beaucoup à celle de Google, encore plus depuis que ce dernier a mis en place son interface minimaliste.

Pourquoi des complexes ? Parce que la croissance de Yandex est impressionnante

+94% de recherches entre juillet 2008 et juillet 2009 selon une étude Comscore du mois dernier sur la croissance annuelle des moteurs vs +58% pour Google. Quant à ses revenus, issus sur la quasi-totalité de ses liens sponsorisés, ils ont augmenté en 2009 de 14% pour atteindre 8,7 milliards de roubles (206,8 millions d’euros). Yandex séduit par ailleurs de plus en plus : + 55% d’annonceurs actifs (120 000).

Le moteur russe détient environ 60% de part de marché.

Son compatriote Rambler, second il y a deux ans, est aujourd’hui largement distancé avec un modeste 4%.
Et entre les deux se place Google avec 24% de part de marché.

La question qui se pose : que fait donc Yandex pour avoir une telle croissance ?

SearchEngineWatch y répond dans un de ses articles que je reprends en partie dans les lignes qui suivent.

Le moteur a été lancé en 1997, un peu avant Google.
Au passage, saviez-vous que Sergey Brin, l’un des fondateurs de Google, était né à Moscou en 1973 ? Sa famille ne quitta la Russie qu’en 1979.
L’histoire des deux compagnies est d’ailleurs quelque peu similaire. Deux mathématiciens – Arkady Volozh et Arkady Borkovsky – eurent l’idée de créer un moteur de recherche prenant en compte les spécificités de la langue russe en s’appuyant sur leur entreprise de l’époque, Arkadia Inc., plus tard devenue CompTek. Point d’étudiants s’apprêtant à faire fortune dans un garage cependant o) Volozh devint CEO de CompTek et d’autres mathématiciens rejoignirent le projet comme Elena Kolmanovskaya and Mikhail Fadeev.

Mais revenons à nos moutons.

Il semble que les moteurs de recherche autres que Yandex aient des difficultés avec le russe et les langues slaves de manière générale. La faute à la structuration de ces langues. Un mot en russe peut ainsi avoir de nombreuses formes selon qu’on lui accole un déterminant ou non, qu’il soit au féminin, singulier pluriel, etc. Et quand je dis nombreuses, je veux vraiment dire nombreuses, ce qui rend l’exercice – normalement utilisé par les moteurs – qui consiste à couper un mot de ses variations pour retrouver sa racine, vraiment difficile.

Si Yandex file des complexes à Google, c’est donc surtout grâce à sa technologie Search.
Le moteur est cependant également réputé pour sa capacité à faire face à Google en terme de développement stratégique. Firefox a ainsi abandonné Google l’année dernière pour faire de Yandex son moteur par défaut en Russie.

Mais Google n’a visiblement pas dit son dernier mot et a donné le mois dernier une jolie gifle à son adversaire en lui prenant d’un coup 10% du marché. Google remplace en effet désormais Yandex comme moteur de recherche par défaut sur le site le plus visité de Russie, le service de courrier électronique gratuit Mail.ru, qui attire plus de 50 millions de visiteurs uniques par mois. Monsieur corn flakes compte désormais pour un tiers du marché.