L’industrie automobile isarienne subit de plein fouet la crise : les équipementiers sont menacés (Lear, Sachs, Continental…), les sous-traitants licencient ou ferment, des milliers de salariés sont mis au chômage partiel (600 000 heures dans l’Oise depuis le 1er décembre), incités au départ ou licenciés…

Le président de la République ne peut plus se contenter de vanter les mérites de son plan, visiblement inefficace, et ne rien proposer de nouveau. L’ampleur de la crise demande des mesures urgentes et à
la hauteur. C’est pourquoi le Parti socialiste a formulé, depuis de nombreuses semaines, des propositions concrètes que le gouvernement s’obstine à ignorer :

- pour les salariés : l’indemnisation du chômage partiel doit passer effectivement à 80 % du salaire et être rendue accessible aux salariés à temps partiel ; les périodes de non activité doivent être mises à profit pour favoriser la formation individuelle, qualifiante et rémunérée ; l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité et la limitation du recours aux contrats précaires doivent être imposées en contrepartie du soutien
de l’Etat.

- pour les PME : les constructeurs qui bénéficient
de l’aide publique doivent s’engager à réduire leurs délais de paiement et à stabiliser en les pérennisant leurs volumes de commandes. Ils doivent aussi s’engager sur l’activité de leurs fournisseurs exclusifs.

- pour les consommateurs : la transparence doit enfin devenir
la règle. Pour tout véhicule, la performance environnementale, la localisation de la production et l’origine des aides publiques doivent être clairement indiquées sur les fiches de vente.

- pour l’innovation et la croissance verte : en contrepartie
de l’aide
de l’Etat et afin de rattraper leur retard coupable en la matière, les constructeurs doivent s’engager à maintenir leur effort d’investissement et à le réorienter massivement vers la fabrication des voitures propres, conçues et produites sur des sites industriels français ou européens.

- pour une répartition plus juste de la richesse : plutôt que de se contenter de vagues promesses verbales, l’Etat doit limiter par la loi les bonus des dirigeants et les dividendes des actionnaires.

Avec le sens aigu des responsabilités qui le caractérise, Nicolas SARKOZY rejette la faute sur les institutions européennes et dit « regretter beaucoup » qu’il n’y ait pas de plan européen de soutien à l’automobile. Il oublie de rappeler qu’il était, il y a encore deux mois, le président
de l’Union européenne. Le Parti socialiste demande la mise en place d’un véritable plan européen de soutien à la filière, en mobilisant tous les leviers. Il rappelle qu’il existe en particulier un fonds européen d’aide aux salariés, doté de 500 millions d’euros par an, qui ne demande qu’à être mobilisé. Il y a urgence !


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