Les annonces du Chef de l’Etat sont loin d’avoir levé les inquiétudes quant à l’évolution de la situation en Guadeloupe. Pourtant, la naissance d’un mouvement déterminé, aussi éloigné géographiquement que proche des problèmes de l’ensemble de nos concitoyens, laissait espérer une réaction rapide de la part du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Les revendications sociales des populations guadeloupéennes sont légitimes, et si leur expression est particulièrement visible, elle rejoint la demande de l’ensemble du mouvement social français d’un effort cohérent et global pour faire face aux difficultés de pouvoir d’achat. Et nous ne pouvons que regretter que la réponse gouvernementale ne soit pas à la hauteur de l’enjeu.

La violence qui s’exprime sur l’île n’est pas uniquement le fruit de cette situation sociale catastrophique, mais surtout d’un sentiment d’abandon de la part de la République Française. En s’attaquant constamment au service public depuis deux ans, le gouvernement a mis en danger les équilibres des départements d’outre-mer qu’il connaît mal, et qui souffrent plus que jamais de situations économiques et sociales douloureuses. Malgré les alertes répétées de la représentation nationale, jamais les ministres n’ont mis en place les moyens nécessaires au rétablissement de la situation. Nous ne pouvons que donner raison à Jeanny Marc, députée de la Guadeloupe, lorsqu’elle craint que les moyens mis en œuvre en Guadeloupe ne soient pas comparables à ceux qui sont destinés à l’Oise et aux territoires de métropole. Nous aurions préféré que Monsieur Woerth fasse preuve du même empressement à débloquer des solutions économiques et sociales sur l’île qu’à faire démonstration de force en nous faisant accueillir par plusieurs dizaines de CRS lors de la manifestation unitaire de la gauche, le 20 décembre dernier !

Par le mépris qu’a manifesté le gouvernement dans sa gestion de crise, la République n’a pas honoré la confiance des guadeloupéens qui se sentent orphelins, et qui demandent avec tous les domiens un traitement digne de leurs difficultés. Ce lien particulier qui unit la France et tous ses territoires, mis en danger par un Nicolas Sarkozy plus irresponsable que jamais, n’est que la victime tristement symbolique de la politique d’une droite qui se tourne vers ses amis, au mépris de toute forme de justice sociale. Son intervention, à l’issue de la réunion à l’Elysée d’hier, traduit une prise de conscience salutaire. Nous souhaitons que les consultations tardives, que les DOM verront s’organiser dans les deux prochains mois, soient l’occasion d’une réflexion poussée sur la question et aboutissent à des solutions concrètes, et nous souhaitons que l’ensemble de la communauté antillaise en France puisse s’exprimer sur le sujet.

C’est pourquoi les socialistes de l’Oise expriment leur souhait de voir le gouvernement mettre en place une vraie politique de développement économique, tournée vers l’outre-mer, condition indispensable à une amélioration réelle et durable de la situation.


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