Les journalistes et techniciens de France 3 sont en grève jusqu’au 7 janvier, jour marquant le début de l’examen du projet de loi sur l’audiovisuel public par le Sénat.

Si l’interdiction de la publicité après 20 heures entre en vigueur dès le 5 janvier, le pire reste à venir. Les craintes grandissent. Certaines chaînes de France Télévisions sont même menacées de disparition. À entendre les députés UMP, il est déjà temps d’envisager la suppression du journal télévisé de France 3, qui ferait « doublon » avec celui de France 2.Cette proposition n’est pas anodine. Malgré les promesses du gouvernement, le financement de l’audiovisuel public ne sera pas assuré en l’état. Même avec la taxe prévue pour les chaînes privées et une autre sur les opérateurs de téléphonie et Internet, il manque déjà 450 millions d’euros. Sans argent, il y aura des licenciements, notamment pour les contrats les plus précaires. En première ligne, les personnels embauchés au service publicitaire qu’il sera difficile de reconvertir en journalistes affirmés. D’autres charrettes suivront quand disparaîtront les programmes jugés trop onéreux. Et France 3 pourrait tout particulièrement faire les frais de cette réforme, en étant rétrogradée au statut de «chaîne régionale à vocation nationale ».

Une chose est sûre, la volonté de Nicolas Sarkozy n’est pas de trouver des solutions de financement pour l’avènement d’un secteur audiovisuel public de qualité mais la maîtrise de la communication présidentielle. À l’Assemblée, les socialistes ont déposé près de 500 amendements pour réclamer le retrait de ce texte et proposer d’autres mesures pour favoriser, avant tout, le pluralisme et l’indépendance des médias. Aujourd’hui, devant les intérêts privés, le service public est le garant d’une information authentique, de proximité, tenant compte de spécificités de nos territoires.

C’est pourquoi les socialistes de l’Oise tiennent à manifester tout leur soutien aux salariés de France 3 Picardie pour défendre le service public audiovisuel et leurs conditions de travail.


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