La crise financière est là pour durer. Des États- Unis, elle s’est progressivement diffusée à l’Europe. Partout, le retour de l’État semble indispensable. Un signe patent de l’échec des politiques libérales.

La droite criait au loup chaque fois que l’État intervenait. Elle demandait plus de libéralisation, et laissait se développer la financiarisation de nos systèmes économiques. Mais quelle réponse avance-t-elle aujourd’hui face à la crise financière mondiale ? L’État.

D’autres, au contraire, se demandent si l’injection de tant d’argent public est légitime, quand l’État pourrait financer les petits épargnants touchés par la crise des subprimes. Pourtant, sans intervention de l’État, la crise ne peut que s’étendre. Et partout en Europe, en Allemagne, au Benelux et au Royaume-Uni notamment, les États nationalisent les institutions financières au bord de la banqueroute. Pour François Hollande, l’explication est simple : « L’État n’a pas joué son rôle parce qu’il n’y avait plus d’État. Paradoxe de la situation : quand les marchés sont en crise, quand les établissements financiers sont en faillite, le seul acteur qui peut venir en dernier ressort solvabiliser l’ensemble, c’est l’État lui-même. De ce point de vue, c’est l’échec des Libéraux. » Et sans changements radicaux, le risque d’une crise plus profonde se profile.L’INSEE vient d’annoncer que la France entrait en récession au deuxième semestre 2008. Cette annonce n’est en rien une surprise, les analystes en ayant déjà maintes fois pointé le risque depuis l’année dernière. Le Parti socialiste n’a cessé de dénoncer depuis un an les prévisions du budget 2008, qu’il a toujours qualifiées d’insincères, absurdes et dangereuses. Les mauvais chiffres annoncés par l’INSEE ne sont nullement la conséquence de la crise financière de septembre 2008 mais celle des erreurs faites hier par le gouvernement français. La crise française est d’abord celle de la consommation et de l’exportation.

La baisse du pouvoir d’achat des Français, qui pénalise gravement la consommation des ménages, est la conséquence aussi bien des mesures aussi injustes qu’inefficaces adoptées par la majorité (paquet fiscal, heures supplémentaires, …), que de l’absence d’initiatives pertinentes pour soutenir la consommation du plus grand nombre et relancer l’investissement. Quant aux exportations françaises, elles sont en baisse constante, comme le montre le déficit commercial historique de près de 50 milliards d’euros attendu cette année, conséquence d’un grave manque de compétitivité de nos entreprises depuis plusieurs années.

De surcroît, la crise financière va aggraver cette situation, puisqu’elle va amputer les capacités d’investissement des particuliers et des entreprises. Pour limiter les effets d’une récession désormais présente, le Parti socialiste propose d’agir dans deux directions :

- la mise en place d’un plan de soutien au pouvoir d’achat (annulation du paquet fiscal, mise sous conditions des exonérations de cotisations sociales pour favoriser l’emploi et les revalorisations salariales, généralisation du chèque transport, relèvement des allocations familiales et de l’ensemble des revenus de solidarité) ;

- une relance de l’investissement, par la modulation de l’impôt sur les sociétés pour valoriser l’investissement plutôt que la rémunération des actionnaires, et la création d’un fonds national garantissant l’accès au crédit des PME et des accédants à la propriété.La récession est là. Le gouvernement ne peut la minimiser plus longtemps, comme il sous estime l’ampleur de la crise financière. Pour y répondre, ne nous trompons ni sur ses causes, ni sur les réponses à lui apporter !


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